22 avril 2025, Sorbonne.
Un amphithéâtre plein.
Un film.
Un moment suspendu.
Et un sujet trop longtemps mis de côté : le métissage.
Mais ce moment, aussi fort fut-il, n’était pas le premier.
Une aventure commencée à l’Assemblée nationale
Quelques semaines plus tôt, Lapo Chapé avait déjà été projeté en huis clos à l’Assemblée nationale, à l’initiative d’un petit cercle de députés sensibles à la question de la diversité des identités françaises.
Dans une salle feutrée, les premiers retours furent déjà marquants. Les émotions circulaient. Les regards se croisaient autrement.
Ce jour-là, le film a lancé une dynamique.
Et cette dynamique n’est pas prête de s’arrêter.
Un mot créole pour dire beaucoup plus qu’une couleur
“Lapo Chapé”, en créole martiniquais, désigne la couleur de peau qui permettait, autrefois, d’échapper au statut d’esclave.
C’est aussi, désormais, le titre d’un documentaire multi-primé, réalisé par Mélissandre Monatus, qui donne corps, voix et lumière à celles et ceux qui vivent le métissage au quotidien — dans toute sa complexité, sa beauté, ses contradictions.
Le métissage : réalité vécue, impensé collectif
Le métissage n’est pas un entre-deux.
Ce n’est pas un flou. Ce n’est pas une mode.C’est une réalité vécue, parfois silencieuse, parfois revendiquée, souvent mal comprise. C’est un tissage d’héritages, une force fragile mais féconde, un défi intime et politique.
Le documentaire Lapo Chapé explore cette réalité avec justesse, à travers des récits intimes, politiques, historiques, portés par une diversité de voix.
Une projection à la Sorbonne, vibrante et pleine
Le 22 avril à la Sorbonne, ce fut un moment de grâce.
La salle était comble. 600 inscriptions reçues, 500 personnes accueillies.Et ce qui aurait pu être un débat formel s’est transformé en un partage collectif vibrant. Des témoignages, des émotions à fleur de peau, des histoires qui se répondent. Ce soir-là, l’humanité a pris la parole.
“Cette chaleur humaine, et les témoignages émouvants ont pris la place des débats.”
— Mélissandre MonatusJ’étais particulièrement touchée de rencontrer Terrence Bissafi Toussaint, un autre témoin du film, avec qui nous avons partagé à la fois le plateau… et maintenant la salle.
Beaucoup d’entre nous ne s’étaient jamais rencontrés malgré notre présence à l’écran.Une idée émerge déjà : sur la suggestion de Terrence, organiser une table ronde réunissant tous les témoins du film, pour croiser nos regards, nos ressentis, nos mémoires.
Un témoignage personnel et politique : Tania Gombert
En tant que présidente de Cap Métissage, femme métisse, mère de deux filles métisses, et témoignante dans ce film, je mesure pleinement la portée de Lapo Chapé.
“Je me suis créé ma propre maison, notre propre maison, dont le portail serait toujours ouvert à celles et ceux qui portent en eux toutes les identités du monde.”
Une équipe engagée et talentueuse
Ce film a été réalisé en un temps record, avec des moyens limités, mais une intensité humaine immense. Voici quelques-uns de ses artisans :
Mélissandre Monatus – Réalisatrice, scénariste, productrice
Baptiste Epicoco – Chef opérateur
Bastien Mussier – Monteur
Jean-Pye Dorothée – Ingénieur du son
Larry Vickers – Danseur, chorégraphe, performeur, égérie. Ancien collaborateur de Michael Jackson, Joséphine Baker, Liza Minnelli et Minnie Riperton, il incarne dans ce film une joie profonde et contagieuse.
Alain Munier – Conseiller historique
Thomas Leveille – Graphiste
Jennifer Banguio – Chargée de production
Jeanne Wiltord – Assistante réalisatrice
Charlène Sbeambong – Communication
Muriel Wiltord – Consultante culturelle
Récompenses et sélections
Le film Lapo Chapé a été largement salué par la critique :
Prix du Meilleur Court Métrage Documentaire – Festival International du Film Panafricain de Cannes (FIFP)
Sélection officielle – Festival Paris Lift-Off
Sélection officielle – Festival SACD à Paris
Sélection officielle – Festival de l’Alliance Française à Lagos
Sélection officielle – Mumbai Shorts International Film Festival
Et maintenant ? La suite…
Une 3e projection-débat est déjà en préparation, avec cette fois le soutien officiel de la Députée Maud Petit, qui a pris la parole à l’Assemblée nationale aux côtés du Député Jiovanny William. Une dynamique parlementaire est en marche, preuve que ce sujet est désormais entendu au plus haut niveau.
Un sondage sera bientôt lancé pour recueillir les attentes du public : préférences de formats, d’horaires, de lieux… Parce que vous êtes déjà nombreux à vouloir que cette aventure se poursuive.
Une parole qui fait écho à Maryse Condé
“Un jour viendra où la terre sera ronde et où les hommes se rappelleront qu’ils sont des frères et seront plus tolérants.
Ils n’auront plus peur les uns des autres, de celui-ci à cause de sa religion ou de celui-là à cause de la couleur de sa peau, de cet autre à cause de son parler.”
— Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem, 1986Ce jour-là, à la Sorbonne, on a touché ce rêve du doigt.
À travers le film, à travers l’art : la continuité du combat
Ce combat, nous le poursuivons aussi à travers le spectacle pluridisciplinaire “Enfin Libre”, porté par Wahé Création en partenariat avec Cap Métissage, et interprété par Nathaly Coualy.
Sur scène, des récits intimes, des corps en mouvement, des voix qui portent la mémoire coloniale et les métamorphoses contemporaines.Parce que le métissage est aussi un espace de création, de résistance, de beauté.
Envie de faire partie de l’aventure ?
Vous souhaitez organiser une projection ?
Nous proposons un format modulable, avec débat, ateliers pédagogiques, présence des réalisatrices et/ou témoins.
Adapté aux :
ONG / institutions
Écoles, universités, centres culturels
Festivals, fondations, musées
Entreprises, collectivités
Contactez-nous à : contact@capmetissage.org
ou via le formulaire disponible sur notre site.Le mot de la fin ?
“Le métissage n’est pas un entre-deux.
C’est un pont. C’est une richesse. C’est un futur à construire.”#LapoChapé #CapMétissage #Métissage #ProjectionDébat #FilmDocumentaire #Sorbonne #AssembléeNationale #HistoireDeFrance #Visibilité #MaryseCondé #EnfinLibre #LongMétrage #Diversité #Afropea #CultureMixte #Empowerment #Transmission #IdentitésPlurielles