En France, la question du métissage est complexe et peu étudiée à cause des difficultés à mesurer la diversité ethnique dans un pays où l’identité nationale est centrée sur la culture française. Cependant, voici quelques chiffres qui peuvent donner une idée de la situation actuelle:

  1. Environ 6,5% de la population française se définit comme ayant une origine immigrée ou métissée, selon l’Insee (Institut national de la statistique et des études économiques).
  2. Les personnes d’origine maghrébine et africaine sont les plus nombreuses parmi les populations métissées en France, représentant respectivement 37% et 28% de ce groupe.
  3. La région Île-de-France (Paris et sa banlieue) est le principal foyer de la diversité ethnique en France, avec environ 50% de la population métissée du pays.
  4. Le métissage en France concerne également des personnes d’origine asiatique, latino-américaine et européenne, mais en moindre nombre.
  5. Les mariages mixtes sont de plus en plus fréquents en France, en particulier entre des personnes d’origines différentes.

Ces chiffres sont une approximation basée sur les données disponibles et peuvent varier selon les sources et les méthodes de collecte de données.

L’Institut national de la statistique et des études économiques (Insee) en France publie régulièrement des données sur la diversité ethnique et les mariages mixtes en France. Selon les dernières estimations de l’Insee, environ 8% de la population française est d’origine étrangère et environ 6% de la population est née à l’étranger. Les personnes d’origine étrangère représentent une proportion plus importante de la population en Île-de-France et dans les grandes villes françaises.

En ce qui concerne les mariages mixtes, les chiffres de l’Insee montrent que les mariages entre personnes de nationalités différentes ont augmenté de manière significative ces dernières années. En 2019, environ 44% des mariages en France étaient des mariages mixtes, contre 33% en 1999. Les mariages mixtes les plus fréquents sont ceux entre des personnes françaises et des personnes d’origine maghrébine ou africaine.

Il est important de noter que ces chiffres ne reflètent qu’une partie de la diversité ethnique et de la mixité en France et que la diversité et la mixité sont des enjeux complexes et en constante évolution en France et dans le monde entier.

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22 avril 2025, Sorbonne.
Un amphithéâtre plein.
Un film.
Un moment suspendu.
Et un sujet trop longtemps mis de côté : le métissage.

Mais ce moment, aussi fort fut-il, n’était pas le premier.


Une aventure commencée à l’Assemblée nationale

Quelques semaines plus tôt, Lapo Chapé avait déjà été projeté en huis clos à l’Assemblée nationale, à l’initiative d’un petit cercle de députés sensibles à la question de la diversité des identités françaises.

Dans une salle feutrée, les premiers retours furent déjà marquants. Les émotions circulaient. Les regards se croisaient autrement.

Ce jour-là, le film a lancé une dynamique.
Et cette dynamique n’est pas prête de s’arrêter.


Un mot créole pour dire beaucoup plus qu’une couleur

“Lapo Chapé”, en créole martiniquais, désigne la couleur de peau qui permettait, autrefois, d’échapper au statut d’esclave.

C’est aussi, désormais, le titre d’un documentaire multi-primé, réalisé par Mélissandre Monatus, qui donne corps, voix et lumière à celles et ceux qui vivent le métissage au quotidien — dans toute sa complexité, sa beauté, ses contradictions.


Le métissage : réalité vécue, impensé collectif

Le métissage n’est pas un entre-deux.
Ce n’est pas un flou. Ce n’est pas une mode.

C’est une réalité vécue, parfois silencieuse, parfois revendiquée, souvent mal comprise. C’est un tissage d’héritages, une force fragile mais féconde, un défi intime et politique.

Le documentaire Lapo Chapé explore cette réalité avec justesse, à travers des récits intimes, politiques, historiques, portés par une diversité de voix.


Une projection à la Sorbonne, vibrante et pleine

Le 22 avril à la Sorbonne, ce fut un moment de grâce.
La salle était comble. 600 inscriptions reçues, 500 personnes accueillies.

Et ce qui aurait pu être un débat formel s’est transformé en un partage collectif vibrant. Des témoignages, des émotions à fleur de peau, des histoires qui se répondent. Ce soir-là, l’humanité a pris la parole.

“Cette chaleur humaine, et les témoignages émouvants ont pris la place des débats.”
— Mélissandre Monatus

J’étais particulièrement touchée de rencontrer Terrence Bissafi Toussaint, un autre témoin du film, avec qui nous avons partagé à la fois le plateau… et maintenant la salle.
Beaucoup d’entre nous ne s’étaient jamais rencontrés malgré notre présence à l’écran.

Une idée émerge déjà : sur la suggestion de Terrence, organiser une table ronde réunissant tous les témoins du film, pour croiser nos regards, nos ressentis, nos mémoires.


Un témoignage personnel et politique : Tania Gombert

En tant que présidente de Cap Métissage, femme métisse, mère de deux filles métisses, et témoignante dans ce film, je mesure pleinement la portée de Lapo Chapé.

“Je me suis créé ma propre maison, notre propre maison, dont le portail serait toujours ouvert à celles et ceux qui portent en eux toutes les identités du monde.”


Une équipe engagée et talentueuse

Ce film a été réalisé en un temps record, avec des moyens limités, mais une intensité humaine immense. Voici quelques-uns de ses artisans :

  • Mélissandre Monatus – Réalisatrice, scénariste, productrice

  • Baptiste Epicoco – Chef opérateur

  • Bastien Mussier – Monteur

  • Jean-Pye Dorothée – Ingénieur du son

  • Larry Vickers – Danseur, chorégraphe, performeur, égérie. Ancien collaborateur de Michael Jackson, Joséphine Baker, Liza Minnelli et Minnie Riperton, il incarne dans ce film une joie profonde et contagieuse.

  • Alain Munier – Conseiller historique

  • Thomas Leveille – Graphiste

  • Jennifer Banguio – Chargée de production

  • Jeanne Wiltord – Assistante réalisatrice

  • Charlène Sbeambong – Communication

  • Muriel Wiltord – Consultante culturelle


Récompenses et sélections

Le film Lapo Chapé a été largement salué par la critique :

  • Prix du Meilleur Court Métrage Documentaire – Festival International du Film Panafricain de Cannes (FIFP)

  • Sélection officielle – Festival Paris Lift-Off

  • Sélection officielle – Festival SACD à Paris

  • Sélection officielle – Festival de l’Alliance Française à Lagos

  • Sélection officielle – Mumbai Shorts International Film Festival


Et maintenant ? La suite…

Une 3e projection-débat est déjà en préparation, avec cette fois le soutien officiel de la Députée Maud Petit, qui a pris la parole à l’Assemblée nationale aux côtés du Député Jiovanny William. Une dynamique parlementaire est en marche, preuve que ce sujet est désormais entendu au plus haut niveau.

Un sondage sera bientôt lancé pour recueillir les attentes du public : préférences de formats, d’horaires, de lieux… Parce que vous êtes déjà nombreux à vouloir que cette aventure se poursuive.


Une parole qui fait écho à Maryse Condé

“Un jour viendra où la terre sera ronde et où les hommes se rappelleront qu’ils sont des frères et seront plus tolérants.
Ils n’auront plus peur les uns des autres, de celui-ci à cause de sa religion ou de celui-là à cause de la couleur de sa peau, de cet autre à cause de son parler.”

Maryse Condé, Moi, Tituba sorcière… Noire de Salem, 1986

Ce jour-là, à la Sorbonne, on a touché ce rêve du doigt.


À travers le film, à travers l’art : la continuité du combat

Ce combat, nous le poursuivons aussi à travers le spectacle pluridisciplinaire “Enfin Libre”, porté par Wahé Création en partenariat avec Cap Métissage, et interprété par Nathaly Coualy.
Sur scène, des récits intimes, des corps en mouvement, des voix qui portent la mémoire coloniale et les métamorphoses contemporaines.

Parce que le métissage est aussi un espace de création, de résistance, de beauté.


Envie de faire partie de l’aventure ?

Vous souhaitez organiser une projection ?
Nous proposons un format modulable, avec débat, ateliers pédagogiques, présence des réalisatrices et/ou témoins.
Adapté aux :

  • ONG / institutions

  • Écoles, universités, centres culturels

  • Festivals, fondations, musées

  • Entreprises, collectivités

Contactez-nous à : contact@capmetissage.org
ou via le formulaire disponible sur notre site.


Le mot de la fin ?

“Le métissage n’est pas un entre-deux.
C’est un pont. C’est une richesse. C’est un futur à construire.”


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