{"id":5315,"date":"2026-06-05T15:50:02","date_gmt":"2026-06-05T13:50:02","guid":{"rendered":"https:\/\/capmetissage.com\/?p=5315"},"modified":"2026-06-05T15:50:03","modified_gmt":"2026-06-05T13:50:03","slug":"musiques-metissees-50-ans-heritages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/capmetissage.com\/index.php\/2026\/06\/05\/musiques-metissees-50-ans-heritages\/","title":{"rendered":"Musiques m\u00e9tiss\u00e9es : cinquante ans d&rsquo;h\u00e9ritages qui s&rsquo;\u00e9coutent"},"content":{"rendered":"<h2>Chap\u00f4<\/h2>\n<p>Le festival Musiques M\u00e9tisses f\u00eate ses cinquante ans \u00e0 Angoul\u00eame, du 4<br \/>\nau 6 juin 2026. Un demi-si\u00e8cle \u00e0 programmer les musiques d&rsquo;Afrique, des<br \/>\nCara\u00efbes et de l&rsquo;oc\u00e9an Indien quand presque personne ne les \u00e9coutait en<br \/>\nFrance. Au m\u00eame moment, le maloya de La R\u00e9union rappelle qu&rsquo;une musique<br \/>\nn\u00e9e dans les plantations peut devenir patrimoine de l&rsquo;humanit\u00e9. Cet<br \/>\narticle suit ce fil : ce que les musiques m\u00e9tiss\u00e9es transmettent, et<br \/>\npourquoi les \u00e9couter est d\u00e9j\u00e0 un geste, \u00e0 quinze jours de la f\u00eate de la<br \/>\nmusique.<\/p>\n<h2>Introduction<\/h2>\n<p>Quand Ma\u00ebva ferme les yeux pour d\u00e9crire son grand-p\u00e8re r\u00e9unionnais,<br \/>\nelle n&rsquo;\u00e9voque pas un visage : elle entend un roul\u00e8r, ce tambour grave<br \/>\nsur lequel il frappait les soirs de kabar, et sa voix qui montait en<br \/>\ncr\u00e9ole. Elle l&rsquo;a racont\u00e9 lors d&rsquo;un Metis Talk cet hiver : la musique<br \/>\nest tout ce qui lui reste de lui, et c&rsquo;est immense. Son r\u00e9cit dit ce<br \/>\nque les musiques m\u00e9tiss\u00e9es font dans nos familles : elles gardent ce<br \/>\nque les mots n&rsquo;ont pas su garder. \u00c0 l&rsquo;heure o\u00f9 le festival Musiques<br \/>\nM\u00e9tisses f\u00eate ses cinquante ans \u00e0 Angoul\u00eame, cet article explore la<br \/>\nmusique comme archive vivante des h\u00e9ritages, du maloya r\u00e9unionnais aux<br \/>\nsc\u00e8nes de la f\u00eate de la musique.<\/p>\n<h2>Angoul\u00eame, cinquante ans d&rsquo;\u00e9coute avant l&rsquo;heure<\/h2>\n<p>En 1976, Christian Mousset, disquaire passionn\u00e9 de jazz, lance \u00e0<br \/>\nAngoul\u00eame un festival nomm\u00e9 Jazz en France. Tr\u00e8s vite, la programmation<br \/>\ns&rsquo;ouvre aux musiques populaires d&rsquo;Afrique, des Cara\u00efbes, d&rsquo;Am\u00e9rique<br \/>\nlatine et de l&rsquo;oc\u00e9an Indien. Le festival devient Musiques M\u00e9tisses en<br \/>\n1990, bien avant que l&rsquo;industrie musicale fran\u00e7aise ne s&rsquo;int\u00e9resse \u00e0<br \/>\nces r\u00e9pertoires.<\/p>\n<p>Le palmar\u00e8s donne le vertige : Salif Keita, Kassav&rsquo;, Rokia Traor\u00e9 ou<br \/>\nDany\u00e8l Waro ont trouv\u00e9 \u00e0 Angoul\u00eame leur premi\u00e8re grande sc\u00e8ne<br \/>\nfran\u00e7aise. Pour sa 50e \u00e9dition, du 4 au 6 juin 2026 sur l&rsquo;esplanade des<br \/>\nChais Magelis, le festival r\u00e9unit Fatoumata Diawara, Dany\u00e8l Waro,<br \/>\nKabar\u00e9 Kr\u00e9ol et Les \u00c9gar\u00e9s, la rencontre du joueur de kora Ballak\u00e9<br \/>\nSissoko, du violoncelliste Vincent S\u00e9gal, de l&rsquo;accord\u00e9oniste Vincent<br \/>\nPeirani et du saxophoniste \u00c9mile Parisien.<\/p>\n<p>L&rsquo;\u00e9dito des 50 ans, publi\u00e9 sur le site du festival, r\u00e9sume un demi-si\u00e8cle<br \/>\nde conviction tranquille :<\/p>\n<blockquote>\n<p>\u00ab Ici, la diff\u00e9rence n&rsquo;est pas un mot \u00e0 d\u00e9fendre, mais une \u00e9vidence \u00e0<br \/>\nvivre. \u00bb<\/p>\n<p>\u00c9dito des 50 ans, festival Musiques M\u00e9tisses, 2026<\/p>\n<\/blockquote>\n<h2>Le maloya, m\u00e9moire chant\u00e9e de La R\u00e9union<\/h2>\n<p>S&rsquo;il fallait une seule histoire pour comprendre ce que la musique garde<br \/>\nde nos h\u00e9ritages, ce serait celle du maloya. La fiche que lui consacre<br \/>\nl&rsquo;UNESCO le d\u00e9crit comme une forme de musique, un chant et une danse<br \/>\npropres \u00e0 l&rsquo;\u00eele de La R\u00e9union, cr\u00e9\u00e9s par les esclaves d&rsquo;origine<br \/>\nmalgache et africaine dans les plantations sucri\u00e8res, avant de<br \/>\ns&rsquo;\u00e9tendre \u00e0 toute la population de l&rsquo;\u00eele.<\/p>\n<p>Longtemps, le maloya s&rsquo;est transmis \u00e0 l&rsquo;\u00e9cart des sc\u00e8nes officielles,<br \/>\ndans les familles et les kabars, ces veill\u00e9es musicales o\u00f9 le chant<br \/>\ndialogue avec les percussions. Chant du culte des anc\u00eatres devenu chant<br \/>\nde revendication, il a fini par s&rsquo;imposer comme la musique de<br \/>\nl&rsquo;identit\u00e9 r\u00e9unionnaise. Le 1er octobre 2009, l&rsquo;UNESCO l&rsquo;inscrit sur la<br \/>\nListe repr\u00e9sentative du patrimoine culturel immat\u00e9riel de l&rsquo;humanit\u00e9.<br \/>\nEnviron 300 groupes le font vivre aujourd&rsquo;hui, et il s&rsquo;enseigne au<br \/>\nConservatoire de La R\u00e9union.<\/p>\n<p>La revue Cahiers d&rsquo;ethnomusicologie, sur OpenEdition, a document\u00e9 les<br \/>\nenjeux de cette patrimonialisation : que devient une musique de lutte<br \/>\net de m\u00e9moire quand les institutions la consacrent ? La question reste<br \/>\nouverte. Mais une chose est s\u00fbre : ce que l&rsquo;\u00e9cole et les archives<br \/>\nn&rsquo;avaient pas retenu de l&rsquo;histoire des esclaves de La R\u00e9union, le<br \/>\nmaloya l&rsquo;a port\u00e9 de g\u00e9n\u00e9ration en g\u00e9n\u00e9ration. Dany\u00e8l Waro, que le mus\u00e9e<br \/>\ndes Confluences pr\u00e9sente comme l&rsquo;homme du renouveau du maloya, en a<br \/>\nfait l&rsquo;\u0153uvre d&rsquo;une vie : po\u00e8te, musicien, fabricant de ses propres<br \/>\ninstruments.<\/p>\n<h2>Ce que la musique transmet que les mots ne disent pas<\/h2>\n<p>St\u00e9phane, membre CAP M\u00e9tissage rencontr\u00e9 lors d&rsquo;un atelier de l&rsquo;antenne<br \/>\nd&rsquo;Angers, raconte autre chose que des concerts. Son p\u00e8re, arriv\u00e9 du<br \/>\nCameroun dans les ann\u00e9es 1980, parlait peu de son enfance. Mais le<br \/>\ndimanche matin, il posait un vinyle de makossa sur la platine et la<br \/>\nmaison changeait de continent. St\u00e9phane dit qu&rsquo;il a compris son p\u00e8re<br \/>\npar la musique avant de le comprendre par les mots.<\/p>\n<p>La p\u00e9dopsychiatre Marie Rose Moro, dans Grandir entre plusieurs<br \/>\ncultures, paru chez Odile Jacob en 2024, observe que la transmission<br \/>\nculturelle passe d&rsquo;abord par les pratiques sensibles : la langue<br \/>\nchant\u00e9e, la cuisine, le rythme, le geste. La musique a un avantage sur<br \/>\nle r\u00e9cit : elle ne demande pas d&rsquo;autorisation. Un enfant qui ne parle<br \/>\npas la langue de ses grands-parents peut quand m\u00eame danser sur leurs<br \/>\nmusiques, et quelque chose passe.<\/p>\n<p>C&rsquo;est pr\u00e9cis\u00e9ment ce que montrent les trajectoires du maloya ou du<br \/>\nmakossa : quand la transmission verbale se brise, l&rsquo;exil, la honte, la<br \/>\nr\u00e9pression, la musique continue de porter la m\u00e9moire. Elle est une<br \/>\narchive que l&rsquo;on active en l&rsquo;\u00e9coutant.<\/p>\n<h2>\u00c9couter comme un geste, de la sc\u00e8ne d&rsquo;Angoul\u00eame \u00e0 la rue<\/h2>\n<p>Le 21 juin, la f\u00eate de la musique remplira les rues fran\u00e7aises. On peut<br \/>\nn&rsquo;y voir qu&rsquo;un rituel d&rsquo;\u00e9t\u00e9. On peut aussi y entendre autre chose : la<br \/>\ng\u00e9ographie sonore r\u00e9elle du pays. Le maloya y croise le zouk, la rumba<br \/>\ncongolaise, le ra\u00ef, le s\u00e9ga, la chanson fran\u00e7aise. Aucune politique<br \/>\npublique n&rsquo;a jamais produit ce r\u00e9sultat : des d\u00e9cennies de familles, de<br \/>\ngroupes amateurs et de festivals obstin\u00e9s l&rsquo;ont fait.<\/p>\n<p>CAP M\u00e9tissage retient des 50 ans de Musiques M\u00e9tisses une le\u00e7on simple.<br \/>\nLes h\u00e9ritages culturels ne survivent pas tout seuls : ils survivent<br \/>\nparce que des gens les font vivre, les programment, les \u00e9coutent.<br \/>\n\u00c9couter est un geste \u00e0 la port\u00e9e de tous. Demander \u00e0 un parent quelle<br \/>\nmusique ber\u00e7ait son enfance, c&rsquo;est souvent ouvrir une conversation que<br \/>\ndix questions frontales n&rsquo;avaient pas r\u00e9ussi \u00e0 lancer.<\/p>\n<h2>FAQ<\/h2>\n<h3>Qu&rsquo;appelle-t-on musiques m\u00e9tiss\u00e9es ?<\/h3>\n<p>L&rsquo;expression d\u00e9signe les musiques n\u00e9es de la rencontre entre plusieurs<br \/>\ntraditions musicales : le maloya r\u00e9unionnais, le zouk antillais, des<br \/>\ncr\u00e9ations contemporaines comme celles des \u00c9gar\u00e9s, qui croisent kora,<br \/>\nvioloncelle, accord\u00e9on et saxophone. Le festival d&rsquo;Angoul\u00eame, fond\u00e9 en<br \/>\n1976, a contribu\u00e9 \u00e0 installer l&rsquo;expression dans le paysage culturel<br \/>\nfran\u00e7ais en devenant Musiques M\u00e9tisses en 1990.<\/p>\n<h3>Pourquoi le maloya est-il inscrit \u00e0 l&rsquo;UNESCO ?<\/h3>\n<p>Le maloya est inscrit depuis 2009 sur la Liste repr\u00e9sentative du<br \/>\npatrimoine culturel immat\u00e9riel de l&rsquo;humanit\u00e9. L&rsquo;UNESCO le d\u00e9crit comme<br \/>\nune musique, un chant et une danse propres \u00e0 La R\u00e9union, cr\u00e9\u00e9s par les<br \/>\nesclaves des plantations sucri\u00e8res. Cette inscription reconna\u00eet \u00e0 la<br \/>\nfois sa valeur culturelle et la transmission vivante assur\u00e9e par<br \/>\nquelque 300 groupes r\u00e9unionnais.<\/p>\n<h3>La musique transmet-elle vraiment une culture familiale ?<\/h3>\n<p>Oui, et souvent mieux que le r\u00e9cit. La p\u00e9dopsychiatre Marie Rose Moro<br \/>\nmontre que la transmission passe d&rsquo;abord par les pratiques sensibles :<br \/>\nchant, rythme, langue chant\u00e9e. Une musique s&rsquo;h\u00e9rite sans condition de<br \/>\nlangue ni d&rsquo;explication. Beaucoup de familles plurielles constatent que<br \/>\nles enfants se relient \u00e0 leurs h\u00e9ritages par les playlists et les f\u00eates<br \/>\navant de le faire par les mots.<\/p>\n<h3>Comment faire vivre cette \u00e9coute au quotidien ?<\/h3>\n<p>Trois gestes simples : demander aux parents et grands-parents les<br \/>\nmusiques de leur enfance et les r\u00e9\u00e9couter ensemble, assister \u00e0 un<br \/>\nconcert d&rsquo;un r\u00e9pertoire familial ou voisin, le 21 juin par exemple, et<br \/>\npartager ces d\u00e9couvertes autour de soi. Les Metis Talks de CAP<br \/>\nM\u00e9tissage offrent aussi un cadre pour raconter ce que ces musiques<br \/>\nr\u00e9veillent.<\/p>\n<h2>Pour aller plus loin<\/h2>\n<ul>\n<li>L&rsquo;\u00e9dito et la programmation des 50 ans du festival :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/www.musiques-metisses.com\/festival-musiques-metisses-2026\/\">musiques-metisses.com<\/a><\/li>\n<li>La fiche officielle du maloya, UNESCO, patrimoine culturel<br \/>\n  immat\u00e9riel : <a href=\"https:\/\/ich.unesco.org\/fr\/RL\/le-maloya-00249\">ich.unesco.org<\/a><\/li>\n<li>\u00ab Le maloya au patrimoine mondial de l&rsquo;humanit\u00e9 \u00bb, Cahiers<br \/>\n  d&rsquo;ethnomusicologie :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/journals.openedition.org\/ethnomusicologie\/1755\">journals.openedition.org<\/a><\/li>\n<li>Dany\u00e8l Waro, l&rsquo;homme du renouveau du maloya, mus\u00e9e des Confluences :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/museedesconfluences.fr\/fr\/le-musee\/actualites\/danyel-waro-lhomme-du-renouveau-du-maloya\">museedesconfluences.fr<\/a><\/li>\n<li>La f\u00eate de la musique, minist\u00e8re de la Culture :<br \/>\n<a href=\"https:\/\/fetedelamusique.culture.gouv.fr\/\">fetedelamusique.culture.gouv.fr<\/a><\/li>\n<\/ul>\n<h2>Maillage interne<\/h2>\n<p>Cet article prolonge la r\u00e9flexion CAP M\u00e9tissage sur la<br \/>\n<a href=\"https:\/\/capmetissage.com\/index.php\/transmettre-double-culture-enfant\/\">transmission de la double culture aux enfants<\/a><br \/>\nen d\u00e9pla\u00e7ant la focale du r\u00e9cit vers l&rsquo;\u00e9coute. Il fait \u00e9cho au dossier<br \/>\nsur les<br \/>\n<a href=\"https:\/\/capmetissage.com\/index.php\/22-mai-27-mai-abolitions-ultramarines\/\">m\u00e9moires ultramarines du 22 mai et du 27 mai<\/a>,<br \/>\ndont le maloya est l&rsquo;un des fils sonores. Les<br \/>\n<a href=\"https:\/\/capmetissage.com\/index.php\/metis-talks\/\">Metis Talks<\/a><br \/>\naccueillent r\u00e9guli\u00e8rement ces r\u00e9cits, et la page<br \/>\n<a href=\"https:\/\/capmetissage.com\/index.php\/voix-du-metissage\/\">Voix du M\u00e9tissage<\/a><br \/>\nrassemble celles et ceux qui les portent.<\/p>\n<h2>CTA \u00b7 D\u00e9couvrir les Voix du M\u00e9tissage<\/h2>\n<p>Du roul\u00e8r du grand-p\u00e8re de Ma\u00ebva aux vinyles du p\u00e8re de St\u00e9phane, les<br \/>\nmusiques m\u00e9tiss\u00e9es sont des voix avant d&rsquo;\u00eatre des genres. CAP M\u00e9tissage<br \/>\nrassemble celles et ceux qui font vivre la pluralit\u00e9 culturelle<br \/>\nfran\u00e7aise et francophone. D\u00e9couvrez la page d\u00e9di\u00e9e et choisissez la<br \/>\nvoix qui r\u00e9sonne avec votre \u00e9coute du moment.<\/p>\n<p><a href=\"https:\/\/capmetissage.com\/index.php\/voix-du-metissage\/\">D\u00e9couvrir les Voix du M\u00e9tissage<\/a><\/p>\n<h2>Bio \u00b7 La r\u00e9daction CAP M\u00e9tissage<\/h2>\n<p>La r\u00e9daction CAP M\u00e9tissage rassemble les voix de l&rsquo;association loi<br \/>\n1901 CAP M\u00e9tissage, bas\u00e9e en \u00cele-de-France avec une antenne \u00e0 Angers,<br \/>\nMaine-et-Loire. Elle \u00e9crit depuis une pratique de terrain : Metis<br \/>\nTalks, ateliers, partenariats associatifs et culturels. Elle ne<br \/>\nth\u00e9orise pas hors-sol. Elle relit, transmet, met en dialogue.<\/p>\n<p><em>Comme le colibri, chacun fait sa part.<\/em><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Le festival Musiques M\u00e9tisses f\u00eate ses 50 ans \u00e0 Angoul\u00eame, le maloya de La R\u00e9union porte la m\u00e9moire des plantations jusqu&rsquo;\u00e0 l&rsquo;UNESCO. Ce que les musiques m\u00e9tiss\u00e9es transmettent, et pourquoi les \u00e9couter est d\u00e9j\u00e0 un geste. 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