Bonjour,

Je suis Laure Hineky

Trésorière de l'association Cap Métissage

Laure a 30 ans. Elle appartient à cette génération pour laquelle le monde ne connaît pas de frontières.

Les seules limites sont celles que nous imaginons. Cette conviction l’a poussée à s’établir dans des contrées aussi diverses que l’Angleterre, l’Australie, les Comores et Mayotte, où elle a découvert de nouvelles cultures, modes de vie, langues et même professions (hôtellerie, esthétique, commerce, communication, numérique…).

Née de parents d’origines variées, avec une dominante, elle constate que, même pour les gens de cette communauté, elle est certes d’ailleurs, mais certainement pas de chez eux.

Enfant, je me trouvais souvent à énumérer toutes les origines présentes dans ma généalogie pour justifier mon apparence, qui ne correspondait pas aux traits typiquement malgaches, et plus tard à l’école pour expliquer pourquoi ma couleur de peau différait de celle de mes camarades. Imaginez grandir à Auvers-le-Hamon, un village peu peuplé de la Sarthe (72300), où nous étions la seule famille noire.

Devenue jeune femme, je ressentais une certaine frustration, car je suis de culture multiple, donc métisse. Cette identité résulte d’un mélange, et en approfondissant ce terme, on se rend compte que nous sommes tous le fruit d’un métissage, qui ne se limite pas à la couleur de peau mais englobe aussi le pays, la région, la ville, l’éducation… La vie même du monde. Le métis est le citoyen du monde.

Aujourd’hui, mes nombreux neveux et nièces arborent différentes couleurs de peau ; mes petits champions du métissage. Je pense à eux, me demandant comment ils vivront leur métissage au sein de la société. Qui saura les reconnaître ? Les comprendre ?

Peut-être est-il temps pour nous d’initier ce dialogue, de commencer à nous ouvrir aux autres. Après tout, présentons-nous.

 
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