Le 4 novembre sort en salles Kwibuka, se souvenir, de Jonas d’Adesky, avec Sonia Rolland et Jean-Hugues Anglade. Une fiction sur le retour au Rwanda d’une basketteuse franco-rwandaise, qui touche à des questions que Cap Métissage porte depuis sa création : l’appartenance, la place des personnes métisses, la mémoire. Nous soutenons sa sortie.
Le film
Lia est basketteuse et vit en Europe. Franco-rwandaise, elle a quitté le Rwanda enfant. Quand l’entraîneur de l’équipe nationale lui propose de rejoindre la sélection pour le championnat d’Afrique, elle accepte de revenir dans un pays qu’elle n’a pas revu depuis. Ce retour ravive les souvenirs du passé et va bouleverser sa vie.
Kwibuka veut dire « se souvenir » en kinyarwanda. C’est aussi le nom que porte, chaque année au Rwanda, la commémoration du génocide perpétré contre les Tutsi en 1994. Le film s’inscrit dans cette mémoire sans être un film d’histoire : il suit une femme, son corps de sportive, ses hésitations, ses retrouvailles avec un pays.
Fiction de 92 minutes, tournée au Rwanda en kinyarwanda, en français et en anglais, avec une équipe technique rwandaise à 80 %, Kwibuka a été présenté au Festival du film francophone d’Angoulême, au Red Sea International Film Festival et en ouverture du Kigali Cine Junction.
Deux trajectoires métisses, derrière la caméra et devant
Jonas d’Adesky est belgo-rwandais. Son père est né au Rwanda, sa mère est belge, et il a grandi en Belgique. Il raconte avoir voulu, avec ce film, renouer avec des origines rwandaises qu’il connaissait peu, et ne pas retourner au Rwanda « simplement en tant que touriste ».
Sonia Rolland est née à Kigali d’une mère rwandaise et d’un père français. Elle a quitté le Rwanda enfant et a grandi en France, où le basket l’a aidée à trouver sa place. Pour le réalisateur, le choix s’est imposé : l’histoire de Lia faisait écho à la sienne. Face à elle, Jean-Hugues Anglade incarne son père.
Que les deux personnes qui portent ce film soient elles-mêmes métisses se sent à l’écran : dans la justesse des silences, des maladresses, des moments où l’on ne sait plus très bien d’où l’on parle.
Ce que le film nous dit
Représenter un pays où l’on n’a pas grandi
On appelle Lia pour porter les couleurs d’un pays qu’elle a quitté enfant. La sélection compte sur sa diaspora, et elle répond présente. Mais qu’est-ce qui fait qu’on appartient à un pays ? Le lieu de naissance, le sang, la langue, l’enfance ? Beaucoup de personnes métisses, et de sportives et sportifs binationaux, connaissent cette question, et le soupçon qui va avec : celle qui revient est-elle vraiment d’ici ?
Trouver sa place entre deux histoires
Française ici, Rwandaise là-bas, et pas tout à fait l’une ni l’autre. Le film montre cette gêne sans la caricaturer : retrouver les codes d’un pays qu’on a quitté, se sentir regardée, chercher sa place dans une équipe qui existait avant soi. C’est une expérience que nos adhérents nous racontent souvent, qu’il s’agisse du pays d’un parent, d’une famille élargie ou d’une école.
Se souvenir, même quand ça fait mal
Kwibuka veut dire « se souvenir ». Pour Lia, revenir, c’est aussi regarder en face ce qu’elle avait laissé derrière elle en partant enfant. Le film prend ce chemin avec pudeur, et nous n’en dirons pas plus : c’est à découvrir en salle.
Pourquoi Cap Métissage soutient ce film
Les films qui placent une personne métisse au centre de leur récit, sans en faire un sujet exotique ni un problème à résoudre, restent rares. Kwibuka en fait partie. Il parle d’appartenance, de mémoire et de transmission avec une forme de pudeur qui laisse au public le soin de faire le lien avec sa propre histoire.
C’est exactement ce que nous cherchons à faire à Cap Métissage : donner à voir la richesse et la complexité des parcours métis, et ouvrir des espaces où chacune et chacun peut les raconter.
Et vous ?
Si vous allez voir le film, dites-nous ce qu’il vous a fait. Vous a-t-on déjà demandé de représenter un pays où vous n’avez pas grandi, ou fait sentir que vous n’en étiez pas tout à fait ? Écrivez-nous : avec votre accord, certains témoignages rejoindront notre série Voix du métissage.
Infos pratiques
Kwibuka, se souvenir, de Jonas d’Adesky. Avec Sonia Rolland et Jean-Hugues Anglade. Fiction, 92 minutes. Distribution : Les Alchimistes. En salles le mercredi 4 novembre 2026.
Avant-premières en présence de Sonia Rolland : lundi 26 octobre à La Baule (Le Gulf Stream, 20 h), mardi 27 à La Roche-sur-Yon (Le Concorde, 20 h 30), mercredi 28 à Royan (Le Lido, 13 h 45), Rochefort (Apollo Ciné 8, 17 h 30) et La Rochelle (CGR Dragon, 19 h 15), jeudi 29 à Lomme (Kinepolis, 20 h, avec le réalisateur), vendredi 30 à Mâcon (Pathé, 19 h 30).
La rédaction Cap Métissage
La rédaction Cap Métissage rassemble les voix de l’association loi 1901 Cap Métissage, basée en Île-de-France avec une antenne à Angers, Maine-et-Loire. Elle écrit depuis une pratique de terrain : Metis Talks, ateliers, partenariats associatifs et culturels. Elle ne théorise pas hors-sol. Elle relit, transmet, met en dialogue.
Comme le colibri, chacun fait sa part.



